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Batterie de robot tondeuse : Bruxelles la veut remplaçable par vous

Par La rédaction Tondazur · Mis à jour le 27 septembre 2026 · 7 min de lecture · Comment nous testons

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Mis à jour le 27 septembre 2026

Nouveauté Publié le 26 septembre 2026 · mis à jour le 27 septembre 2026

Au 18 février 2027, l'article 11 du règlement européen sur les batteries devient applicable : toute batterie portable intégrée à un appareil devra se retirer et se remplacer avec des outils du commerce, sans outil exclusif, sans chaleur et sans solvant. La liste des dérogations en compte deux ; un acte délégué adopté le 14 juillet 2026 la porterait à huit, mais le Parlement et le Conseil peuvent encore s'y opposer. Le robot tondeuse ne figure dans aucune des deux listes. Le robot de piscine, lui, pose une question que personne n'a tranchée.

L'essentiel

  • L'article 11 du règlement (UE) 2023/1542 devient applicable le 18 février 2027 : toute batterie portable intégrée à un produit doit être retirable et remplaçable par l'utilisateur final.
  • Le retrait doit se faire avec des outils disponibles dans le commerce : ni outil exclusif, ni énergie thermique, ni solvant. Un outil spécialisé n'est admis que s'il est fourni gratuitement.
  • La liste des dérogations compte deux catégories. L'acte délégué du 14 juillet 2026 la porterait à huit, mais il n'est pas en vigueur : le Parlement et le Conseil peuvent encore s'y opposer, et le texte doit encore paraître au Journal officiel.
  • Le robot tondeuse n'entre dans aucune des deux listes. La dérogation « milieu humide » suppose un appareil conçu pour travailler dans l'eau pendant la majeure partie de son service actif, ce que la tonte n'est pas.
  • Au-delà de 5 kg, une batterie n'est plus « portable » au sens du règlement mais industrielle, et l'obligation ne la vise plus. Les packs domestiques sont largement sous ce seuil.
  • Le paragraphe 3 de l'article 11 écarte totalement l'obligation quand une connexion permanente est nécessaire à la sécurité ou à l'intégrité des données. Un robot tondeuse ne peut pas l'invoquer.

Batterie robot tondeuse remplaçable : la date est le 18 février 2027

La batterie d'un robot tondeuse devra pouvoir être remplacée par son propriétaire, sans atelier ni service après-vente : c'est ce qu'impose l'article 11 du règlement européen sur les batteries. Il tient en une phrase : toute batterie portable intégrée à un produit doit pouvoir être retirée et remplacée par l'utilisateur final, à tout moment pendant la durée de vie du produit. Le texte définit ensuite ce qu'il entend par là, et c'est cette définition qui engage les fabricants. La batterie doit sortir avec des outils disponibles dans le commerce, sans outil spécialisé sauf s'il est fourni gratuitement avec le produit, sans outil exclusif, sans énergie thermique et sans solvant. Un pack collé qu'il faut décoller au pistolet à air chaud ne passe pas. Un pack qu'un tournevis ordinaire libère, oui.

La date vient de l'article 96, qui échelonne l'entrée en application du règlement : l'article 11 est applicable à compter du 18 février 2027. Le contresens le plus fréquent tient en un point : l'obligation pèse sur celui qui met le produit sur le marché, pas sur celui qui le possède. Elle vise donc les machines commercialisées à partir de cette date, et non celle qui tourne déjà dans votre jardin.

Aucune dérogation ne sort le robot tondeuse du lot

L'article 11 prévoit deux exceptions : les appareils conçus pour fonctionner en milieu humide, et les dispositifs professionnels d'imagerie médicale et de radiothérapie ainsi que le diagnostic in vitro. La Commission a adopté le 14 juillet 2026 un acte délégué qui remplace intégralement cette liste et la porte à huit catégories. Il n'est pas en vigueur. Le Parlement et le Conseil disposent de trois mois à compter de sa notification, ouverte à la mi-juillet 2026, pour s'y opposer, et le texte ne s'appliquera que vingt jours après sa publication au Journal officiel.

Les six ajouts prévus visent certains objets portés sur le corps, trop petits ou trop scellés pour être ouverts sans risque, les jouets électriques jusqu'au 31 juillet 2030, les sondes thermomètres sans fil destinées au contact alimentaire, les produits conçus pour les atmosphères explosibles, les systèmes d'administration de médicaments portés sur le corps, et les boîtiers télématiques montés en toiture sur les engins agricoles et de chantier. L'acte élargit au passage la catégorie des appareils humides aux dispositifs portés sur le corps, montres connectées et écouteurs sans fil en tête.

Deux catégories approchent le matériel de jardin, et aucune ne l'attrape. La dernière vise le boîtier télématique vissé sur le toit d'un engin agricole, pas la batterie qui fait avancer l'engin. La première mérite un examen plus attentif : elle couvre les appareils spécialement conçus pour fonctionner principalement dans un environnement régulièrement soumis à des projections d'eau, à des flux d'eau ou à une immersion, et destinés à être lavables ou rinçables. Un robot tondeuse encaisse la pluie. Il échoue pourtant sur deux mots. « Principalement » d'abord : le considérant 39 du règlement le définit comme l'environnement de l'appareil pendant la majeure partie de son service actif, et celui d'une tondeuse est l'herbe. « Destinés à être lavables ou rinçables » ensuite : encaisser l'eau n'est pas être conçu pour être lavé. Les exemples que la Commission retient elle-même le confirment, brosses à dents, hydropulseurs, rasoirs, laveuses de sol, écouteurs sans fil : pas un matériel de jardin. Un robot tondeuse domestique relève donc de la règle générale, sous la liste actuelle comme sous celle qui vient.

Le seuil de 5 kg, et la dérogation du paragraphe 3

Deux filtres subsistent : le poids de la batterie, et une dérogation totale prévue au paragraphe 3 de l'article 11. Le premier est dans les définitions du règlement. Une batterie portable y est définie comme une batterie scellée qui pèse 5 kg ou moins, qui n'est pas spécifiquement conçue pour un usage industriel, et qui n'est ni une batterie de véhicule électrique, ni une batterie de moyen de transport léger, ni une batterie de démarrage. Au-delà de 5 kg, le même texte la classe parmi les batteries industrielles, et l'obligation de remplacement par l'utilisateur final cesse de s'appliquer.

Sur le marché domestique, ce test est vite réglé : le pack lithium d'un robot tondeuse de jardin se situe largement sous cette barre, et sa batterie devra donc être remplaçable par l'utilisateur. La question ne redevient sérieuse que sur les matériels professionnels de grande surface, dont les batteries peuvent franchir le seuil et basculer dans une autre catégorie juridique.

Le poids n'est pas le seul filtre, et le second est autrement plus large. Le paragraphe 3 de l'article 11 écarte purement et simplement l'obligation lorsqu'une alimentation électrique continue et une connexion permanente entre le produit et sa batterie sont nécessaires pour garantir la sécurité de l'utilisateur et de l'appareil, ou, pour les produits dont la fonction principale est de collecter et de fournir des données, pour des raisons d'intégrité des données. La Commission range ce cas à part dans ses lignes directrices, sous le titre des dérogations totales, par opposition aux dérogations partielles de la liste précédente : ce n'est pas un renvoi vers le professionnel indépendant, c'est une sortie complète du régime. Elle l'illustre par les stimulateurs cardiaques, les prothèses auditives et les détecteurs de fumée. Un robot tondeuse, qui se recharge à sa base et travaille par cycles, n'a aucun titre à l'invoquer.

Robot de piscine : la question n'est pas tranchée

Le cas du robot de bassin est autrement plus délicat. La dérogation « milieu humide » posée plus haut suppose une conception spécifique pour l'eau et un appareil destiné à être lavé ou rincé. Un robot de piscine coche l'immersion sans discussion possible.

Les lignes directrices actualisées de la Commission montrent que cela ne suffit pas. Elles posent cinq indicateurs, et les critères qu'ils éclairent sont cumulatifs. Les deux derniers sont exigeants : il faut une preuve, présente dans la documentation du produit au moment de sa mise sur le marché, qu'un remplacement par l'utilisateur compromettrait la sécurité de l'utilisateur ou de l'appareil, et qu'aucune reconception n'est possible en l'état de la technique. Le règlement resserre encore : son article 11, paragraphe 2, réserve cette dérogation aux cas où elle est nécessaire pour garantir la sécurité de l'utilisateur et de l'appareil, les deux ensemble. Quant à l'immersion, le même document la rattache à l'indice de protection IPX7, tout en écrivant que cet indice ne suffit pas à lui seul à démontrer la conformité aux critères. Ni l'acte délégué ni les lignes directrices ne citent le robot de bassin parmi leurs exemples, et l'issue pèsera sur l'arbitrage entre réparer et remplacer un robot de piscine.

Ce que ça change quand vous achetez votre prochaine machine

Premier malentendu à lever : une dérogation n'est pas un permis de souder. Même dans les catégories dérogatoires, la batterie doit rester retirable et remplaçable, par un professionnel indépendant au lieu du propriétaire. Ce qui change d'un régime à l'autre, c'est qui ouvre la machine, jamais le fait de pouvoir l'ouvrir.

Deux autres paragraphes de l'article 11 comptent autant que le premier pour un acheteur, et ils passent inaperçus. Le paragraphe 7 oblige à tenir les batteries disponibles comme pièces détachées pendant au moins cinq ans après la mise sur le marché de la dernière unité du modèle, à un prix raisonnable et non discriminatoire. Le paragraphe 8 interdit d'utiliser le logiciel pour entraver le remplacement par une batterie compatible, ce qui vise directement le robot qui refuse de redémarrer après un changement de pack. Ces deux obligations pèsent plus lourd que la fiche technique au moment de choisir une marque de robot tondeuse.

Savoir qu'une batterie de robot tondeuse remplaçable deviendra la norme ne dit pas quelles machines s'y conformeront : rien n'oblige un constructeur à annoncer par avance ce qu'il fera en 2027, et aucune obligation ne pèse sur les modèles mis sur le marché avant le 18 février 2027. N'achetez pas une machine sur une promesse de conformité future. D'ici là, ce qui décide de la durée de vie d'un pack tient toujours à l'usage : un robot tondeuse qui ne charge plus au printemps sort presque toujours d'une cellule descendue trop bas pendant l'hiver, et la façon dont vous le remisez pèse plus lourd sur votre facture que ne le fera la réglementation avant plusieurs saisons. Même logique dans l'eau : l'autonomie d'un robot de bassin se perd à l'usage, pas au Journal officiel.

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